Une Pow Wow à Corning

  • CLAS' family
  • Vie locale

Les européens aiment dire que l'histoire de l'Amérique est récente et ne commence qu'en 1492 quand les navires de la flotte espagnole accostèrent de l'autre côté de l'Océan Atlantique, suivi de la vague coloniale dans l'espoir de faire fortune sur les terres du Nouveau Monde.

Sûrement très prétentieux... et c'est surtout mettre l'histoire du côté des puissants en réduisant les peuples indigènes à peu de chose.

Avant l'arrivée des colons, plus d'une centaine de tribus peuplaient les grands espaces des Etats-Unis avec des modes de vie, des traditions très différentes d'Est en Ouest.

Une Pow Wow à Corning
Une Pow Wow à Corning

Dans notre coin, dans la région des grands lacs, les Iroquois avaient établis leurs quartiers. Pas de tipi ou de nomadisme car les iroquois vivaient pendant plusieurs années dans un même village qu'ils protégeaient avec des palissades.

"Iroquois" n'est finalement que le surnom qui leur a été donné par leurs ennemis, les Hurons, (irokoï signifiant "vipère"). Leur nom d'origine étant Haudenosaunee ou "peuple des maisons longues".

Les Haudenosaunees étaient formées initialement de 5 tribus : Seneca, Onondaga, Cayuga, Oneida et Mowhak, on les appelait également "la ligue des cinq nations" ou "la ligue des Iroquois".

Une Pow Wow à Corning
Une Pow Wow à Corning

La ligue iroquoise, avec ses modes de vie, ses célébrations, ses croyances et également sa structure politique, constitue tout un pan de culture ancienne de l'état de New York .

Les Iroquois ne sont pas seulement un peuple qui vivait de chasse, de pêche, de culture, ou qui habitait dans des maisons longues, ils avaient surtout développé une organisation plutôt surprenante (si on se réfère aux modèles de la plupart des sociétés actuelles).

En effet, ils vivaient dans une société matriarcale où les femmes décidaient qui étaient les chefs, elles organisaient les mariages et prenaient les décisions importantes. Tous les biens appartenaient aux femmes.

Le modèle de gouvernance était le suivant :

- d'abord, les villages, gouvernés par un conseil de chefs,

- puis les nations iroquoises, regroupant plusieurs villages,

- puis la grande confédération, formée des différentes nations.

Au sein de la grande confédération, les Iroquois avaient établi une Constitution, the Great Law of Peace, qui établissait le mode de gouvernance, les libertés et les rôles du peuple et des chefs permettant aux différentes nations de la ligue de vivre en paix.

Une Pow Wow à Corning

Les Iroquois étaient de vaillants guerriers, redoutés des colons français, alors alliés, sur les terres du Québec avec les Hurons.

Ils étaient réputés pour être mesquins et étaient connus pour leur ruse et leur discrétion pour capturer leurs prisonniers. Ces attaques et captures ont été, pendant plusieurs dizaines d'années, une des principales causes de mortalité de la population française dans les environs de Montréal, alors en construction.

Les Iroquois ont réussi à s'imposer en maîtres de la terreur. Leur technique était simple. Ils laissèrent l'opportunité à certains missionnaires capturés d’écrire une lettre à leurs confrères. Cette lettre était alors laissée avec le cadavre à l’endroit où cette personne avait été capturée.

Petit extrait d'une lettre trouvé sur Wikipédia :

«Après cinq ou six jours de marche, alors que nous étions épuisés par le voyage, ils approchaient de nous, sans plus aucune colère, nous arrachaient froidement les cheveux et la barbe et nous enfonçaient profondément les ongles, qu’ils portent très pointus, dans les parties du corps les plus délicates et les plus sensibles. Ils me brûlèrent un doigt et m’en broyèrent un autre avec les dents : ils disloquèrent ceux qui avaient déjà été broyés en rompant les nerfs de telle sorte que maintenant qu’ils sont guéris, ils demeurent affreusement déformés. Tout cela était rendu plus cruel par la multitude des puces, des poux et des punaises, auxquels les doigts coupés et mutilés permettaient difficilement d’échapper. Rendus au lieu de captivité, les prisonniers doivent faire face à une nouvelle violence. Ils nous accueillirent avec des bâtons, des coups de poing et des pierres. Comme ils ont en aversion la chevelure rare et courte, cette tempête se déchaîna en particulier sur moi et sur ma tête chauve, Il me restait deux ongles ; ils les arrachèrent avec leurs dents et ils dénudèrent jusqu’aux os, avec leurs ongles très pointus, la chair qui est au-dessous.»

Par la suite, la ligue des cinq nations a été largement fragilisée par les guerres successives et les Iroquois ont dû céder une large part de leurs terres à la suite de la guerre d'indépendance des Etats-Unis, du fait de leur alliance avec les Britanniques.

Une Pow Wow à Corning

Aujourd'hui, la culture iroquoise est toujours entretenue par les descendants, le plus souvent au sein de leur petite communauté ou alors lors des grandes Pow Wows regroupant des centaines d'améridiens venant des 4 coins du pays.

A Corning aussi, on a eu notre Pow Wow mais beaucoup plus modeste, à l'occasion d'un festival tout-à-fait nouveau dans la région : The Falling Leaves Festival.

C'était vivant, convivial et chaleureux. Retour en images...

Une Pow Wow à CorningUne Pow Wow à CorningUne Pow Wow à Corning
Une Pow Wow à Corning
Une Pow Wow à Corning
Une Pow Wow à Corning
Une Pow Wow à Corning
Une Pow Wow à Corning
Une Pow Wow à Corning
Une Pow Wow à Corning

Saviez-vous que la crosse (dit "lacrosse" aux USA), sport ultra populaire en Amérique du Nord, a des origines très anciennes. Les Iroquois le pratiquaient régulièrement non pas comme divertissement mais les parties de jeu avaient pour but de rendre louanges et grâce au Grand Esprit.

Ici, il s'agit d'un autre type de jeu mais dans le même esprit que la crosse.

Ici, il s'agit d'un autre type de jeu mais dans le même esprit que la crosse.

Les costumes sont généralement fait à la main et chaque personne tente d'y intégrer des artéfacts représentant sa personnalité.
Les costumes sont généralement fait à la main et chaque personne tente d'y intégrer des artéfacts représentant sa personnalité.
Les costumes sont généralement fait à la main et chaque personne tente d'y intégrer des artéfacts représentant sa personnalité.
Les costumes sont généralement fait à la main et chaque personne tente d'y intégrer des artéfacts représentant sa personnalité.

Les costumes sont généralement fait à la main et chaque personne tente d'y intégrer des artéfacts représentant sa personnalité.

Pour une première, c'était plutôt réussi et j'espère que, pour animer la vie locale, ce genre d'événement aura pour vocation à perdurer.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Ducher 16/04/2016 06:42

J'ai eu froid dans le dos à lire cette lettre expliquant les supplices infligés aux blancs. Nous avons vécu 4 ans en Guadeloupe et le récit sur les Arawaks est du même style, en étant en plus cannibales !!
Petite, j'ai souvent soutenu les indiens, qui pour moi étaient envahies et maltraités. Mais il existait tant de peuples différents et on s'aperçoit que le mal, la douleur et la violence existent depuis bien longtemps... ...

le blog de Sophie 16/04/2016 14:21

Effectivement, certains européens ont connu quelques heures difficiles avec les amérindiens mais ce n'est, à mon avis, qu'une virgule par rapport à ce que les Native Americans eux-mêmes ont dû enduré pendant des dizaines d'année pour in fine finir cloitrer dans des réserves. Les colons d'Amérique n'ont pas été tendres avec les peuples indigènes, l'histoire américaine regorge des événements sanglants qui ont affaibli progressivement les ´indiens'.

Hébergé par Overblog