Le coiffeur, une différence culturelle ?

Il y a parfois des petites choses de la vie quotidienne qui nous rappellent qu'on n'est qu'un étranger dans un pays dont on a tant de choses à apprendre et le coiffeur en fait partie.

Le coiffeur, une différence culturelle ?

La France, les USA... de loin, on a l'impression qu'on est pareil.

On a les mêmes racines, on s'habille de manière similaire, on partage même quelques grandes enseignes de prêt-à-porter, on a une économie proche basée sur une surconsommation à la moindre occasion, on utilise des voitures sur des routes goudronnées, on travaille dans des usines très réglementées, on va au supermarché pour faire ses courses et chez le médecin quand on est malade. On fait du sport pour se maintenir en bonne santé, on va concert, au cinéma etc .....

C'est vrai, on se ressemble beaucoup mais quand on y regarde de plus près, on a des habitudes, des traditions bien différentes et voici quelques exemples :

- La manière de se dire bonjour

On se "hug" à la place de se faire la bise... la première fois, c'est assez dérangeant de coller son corps à une personne qu'on connaît peu ou presque pas !

Le coiffeur, une différence culturelle ?Le coiffeur, une différence culturelle ?

Le hug / la bise, tout un débat entre la France et les Etats-Unis. Ici un décryptage assez censé :

Le coiffeur, une différence culturelle ?

- Les relations avec les amis

Les français sont souvent adeptes de la bonne franquette, "tiens, reste boire un apéro !" ou "restez manger, on va regarder ce que l'on a dans le frigo".

Aux Etats-Unis, c'est plutôt le mode "bristol" qui fait foi, il serait plutôt déplacé d'inviter par surprise.

Au départ, ce n'est pas toujours facile pour un français de se lier d'amitié, alors qu'avec un américain, on est les meilleurs amis du monde après quelques minutes de discussion seulement.

Par contre, après, une fois le cercle d'amitié ouvert, le français considérera ses amis comme sa famille alors qu'avec l'américain, on ne se verra que ponctuellement, au hasard, avec notre caddie de courses par exemple, mais on reste toujours les meilleurs amis du monde....

- Les repas

Je vous avais déjà parlé de l'alimentation (article à relire ici).

On s'est évidemment habitué aux produits proposés dans les rayons alimentaires et on a même réussi à maintenir une alimentation équilibrée. Quand on rentre en France, on est super content de retrouver de la variété dans l'alimentation car sur ce point, c'est plutôt raplapla aux US (même dans l'univers sacré de la pizza !).

Par contre, on ne s'est jamais habitué à leur régime du snack (c'est-à-dire du "je mange quand j'ai un petit creux"), ni à leur horaire de repas et spécialement celle du diner consistant à se mettre à table entre 17h et 18h.

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- La manière de communiquer et le poids des mots

Aux US, il faut savoir décrypter le sens profond des mots :

- le "good" qui est juste bien

- le "great" qui est bien

- et le "wonderful" ou "amazing" qui est, enfin, très bien

Pour faire un compliment, il faut absolument user d'un maximum de superlatifs pour que le message soit compris à sa jute valeur.

A l'inverse, il faudra user de toutes les pincettes pour faire passer un message de déception, une note un peu négative : "You did great but may be you should....".

Toujours commencer en positivant et seulement après, enfoncer le clou.

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- La relation avec les animaux de compagnie

On trouve des gagas du toutou un peu partout mais aux US, je crois que j'en ai vu beaucoup plus.

D'ailleurs, j'imagine que les premiers hotels de luxe pour animaux de compagnie, comme les spas canins ou même les épiceries fines à l'attention de nos amis à quatre pattes ont vu le jour, ici, aux US.

A relire : être un chien aux Etats-Unis

- Le rapport à la nudité et au sexe

Une des contradictions que je ne comprends toujours pas : le sexe (au sens intimité, son corps, son évolution...) est un sujet que l'on n'aborde pas très facilement au sein d'une communauté américaine, les femmes sont d'ailleurs priées de masquer leurs tétons et les hommes, idem, pas de forme apparente, please.

Le coiffeur, une différence culturelle ?

A l'inverse, dès qu'on allume la télé, il faut être très vigilant si un enfant est devant. C'est globalement assez cru et trash.

Le pire du genre : toutes ces émissions de remise de prix dans le microcosme musical : ça se dandine, ça se frotte, on ne compte plus les postures très suggestives, bref, un appel à plus de cul en direct que je trouve pour le moins très vulgaire.

Dans les séries américaines (et on en suit pas mal), c'est pareil, il y a un plan cul (enfin... des plans cul depuis qu'il en faut autant pour les hétéro que pour les homo) par épisode, c'est rarement dans la finesse et la suggestion.

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- Notre vision de l'avenir, leur optimisme et leur niaque de la réussite versus notre pessimisme

C'est vrai qu'en France, on a tendance à baisser les bras dès le début et à trouver plein de contre-arguments à une nouvelle idée. On a souvent besoin d'être convaincu pour s'impliquer à fond et parfois ça fait perdre du temps, de l'argent et c'est un peu lourd.

Outre Atlantique, toute nouvelle idée est toujours accueillie avec le plus grand enthousiasme (les "great" et "wonderful" fusent !). Cet enthousiasme débordant est souvent très productif et très entraînant.

Les américains savent également repousser les limites au maximum et mettre tous les moyens et l'énergie qu'il faut pour réussir, pour voir aboutir leur projet tant personnel que professionnel.

Ils sont beaucoup plus libérés que les français sur ce point et savent absolument rebondir sur leurs échecs.

Je dois avouer que de voir les gens positiver, c'est tonifiant mais parfois, je reste néanmoins sur mes gardes face à tout optimisme débordant.

Petite lecture sur l'optimisme à l'américaine, un peu daté mais qui reste vrai dans les grandes lignes (sauf pour Lance Armstrong, dommage !)

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- Le respect

C'est reposant le respect à l'américaine :

- ne pas se faire klaxonner si tu doubles à 120 km/h une voiture roulant à 119 km/h

- attendre son tour dans une file d'attente sans se demander qui va essayer de gruger car ça n'avance vraiment pas

- pouvoir s'accoutrer n'importe comment sans même qu'une personne ne te remarque de manière insistante dans la rue

C'est très général, je sais, et peut être un peu réducteur, mais comparé à nos pulsions latines, on prend la vie de manière beaucoup plus cool.

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- Les toilettes

Alors que les américains sont assez pointilleux sur leur "privacy" (leur vie privée et leur intimité), les toilettes publiques ou celles des lieux partagées (au restaurant ou au bureau par exemple) viennent totalement contredire cette théorie.

Les toilettes à la mode "station-essence des autoroutes" sont partout mais avec une différence notable, les 1 à 2 cm de chaque côté de la porte qui, si on s'attarde un peu, dévoilent les secrets les plus intimes d'une personne (je m'assoie / je ne m'assoie pas, je prends du papier avant ou après la commission, bref vous m'avez suivie !).

Grosse différence culturelle sur les toilettes... par contre, à la différence de la France, c'est souvent très propre.

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Prendre une douche

Avoir de l'eau chaude sous la douche peut parfois relever du défi aux Etats-Unis, une formation préalable à la manipulation des robinets peut, dans certains cas, s'avérer nécessaire durant les premiers mois.

Les pourboires

Aux US, on "tip" (c'est dire que l'on donne du pourboire) à peu près partout : au restaurant car le service n'est pas inclus, au fast-food même s'il n'y a pas de service, chez le coiffeur même si tout est inclus dans le prix de base mais que c'est juste la coutume.

Bref, le tip donne généralement des sueurs froides aux français, touristes ou tout fraichement arrivés sur le sol américain, tout comme aux américains au service de français qui savent que les mangeurs de baguette sont généralement peu généreux sur les pourboires.

Le coiffeur, une différence culturelle ?

On pourrait écrire un roman sur les différences culturelles entre nos deux pay,s qui se ressemblent tant, en parlant encore :

- du drapeau et du patriotisme (article à relire)

- de la religion

- du sport

- du rapport à l'argent

- des rendez-vous chez le médecin

- de la télé

- de la ponctualité

- de l'école et de la façon d'évaluer les enfants (article à relire)

- de l'attrait pour la déco kitchissisme à souhait

etc.

etc.

Evidemment, plus notre séjour avance, moins on y fait attention mais néanmoins, même après quelques années de résidence aux US, je me questionne régulièrement sur ce que je fais, ce que je dis. Est-ce que je fais bien, est-ce je n'heurte personne ?

Un vrai travail d'introspection où on s'interroge sur son MOI, ses racines, sa culture. Et bientôt, il va falloir faire le travail inverse pour se réhabituer aux mœurs françaises.

Bon, je vous avais promis le coiffeur, alors voilà.

En préambule, il faut quand même que je vous avoue que je n'aime pas aller chez le coiffeur (et ça depuis toute petite). Je trouve que les coiffeuses veulent toujours mettre une petite touche personnelle à la coiffure que tu leur demandes et ça me convient rarement.

Ajouter à cela, la conversation le plus souvent stérile avec notre experte du cheveu, affublée d'un tablier et d'une serviette sur la tête... bof...

Le coiffeur, une différence culturelle ?

On retrouve évidemment tout cela aux US mais il faut y ajouter des coupes - brushing le plus souvent catastrophiques.

Dernières expériences en date : samedi dernier avec mes enfants (désastre sur mon petit Clément) et de mon côté, je désespère tous les matins devant mon miroir suite à un ratage en règle il y a un bon mois maintenant !

Pourquoi ?

- parce que tu demandes de couper tant de cm et que tu es obligée d'y revenir au moins 3 fois pour que l'on te coupe la longueur désirée (quand je vous disais que les américains ont des problèmes avec les unités de mesure.. à relire ici)

- parce que, le plus souvent, on te coupe les cheveux sur cheveux secs, donc quand tu ressors du salon, tu as des cheveux collés absolument partout.

Là où ça fait sourire... c'est que parfois on te lave les cheveux (quoique ce n'est pas systématique, ça dépend des habitudes du coiffeur) mais on te les sèche avant de passer à la coupe. Du jamais vu avant notre expérience Outre Atlantique.

- parce que tu demandes une couleur (pour masquer les cheveux gris et oui, je vieillis comme tout le monde) et qu'on te fait un shampooing colorant qui te tartine des pigments colorés sur tes taies d'oreillers toutes neuves et qu'en plus, ça te dure à peine un mois.

- parce que le coiffeur / la coiffeuse peut te faire la coupe en te mettant dos au miroir et tu découvres le désastre juste à la fin !!!

- parce que tu as juste l'impression que la personne en charge de tes cheveux, et de ton look pour les quelques semaines à venir, a deux mains gauches avec des ciseaux dans l'une d'entre elles.

- et parce que même si c'est nul, on te demande horriblement cher et qu'en plus, il faut ajouter un pourboire.

Au début, je me suis dit que j'avais mal expliqué, peut-être par manque de vocabulaire spécifique (même si j'avais quand même mis quelques petits mots, petites expressions "coiffistiques" sur un bout de papier !) ...

J'ai donc vite compris qu'il fallait que j'aille au salon de coiffure avec une photo de ce que je voulais précisément. Ce que je fais systématiquement depuis plusieurs mois maintenant mais je ne suis pas plus réussie pour autant. Je m'en désespère et je dis vive les coiffeurs et les coiffeuses françaises !

Et vous, c'est quoi la différence culturelle France / USA qui vous a le plus marqué ?

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